Étiquette : intelligence artificielle

  • Le machine learning au service de la conduite autonome

    Le machine learning au service de la conduite autonome

    Le machine learning est aujourd’hui omniprésent. Il transforme peu à peu l’industrie et notamment le marché des voitures autonomes. Au sein de cet article, nous expliciterons la notion de voiture autonome, dans le but d’identifier les méthodes existantes pour les faire fonctionner. L’enjeu est primordial : comprendre les liens entre l’apprentissage de la conduite par des machines et la compréhension humaine, tant sur l’aspect sémantique que sur l’aspect factuel.

    Qu’est-ce qu’une voiture autonome ?

    Les voitures autonomes s’apprêtent à bouleverser nos déplacements et notre gestion du trafic routier. Il convient donc d’en dresser une définition. Jusqu’à récemment, une définition unanime n’avait pas encore été approuvée par l’ensemble des acteurs internationaux, tant sur le plan technique (en termes de méthodes d’apprentissage), que sur le plan juridique (en termes de responsabilités et de législation routière), ou même géographique (en termes de dépendances entre les deux précédents points et selon le pays). Un consensus récent a cependant vu le jour, définissant divers niveaux d’automatisation , lesquels nous permettent non seulement d’entrevoir l’avenir mais également de situer l’avancement des recherches.

    Les niveaux d’automatisation – U.S. National Highway Traffic Safety Administration

    Le rapport du véhicule avec ce qui l’entoure et la manière qu’il peut avoir de réagir aux événements qui se déroulent autour de lui sont des enjeux primordiaux pour l’instauration d‘une confiance de la société envers cette innovation. Le fonctionnement d’une voiture autonome peut être décrit comme suit : le véhicule perçoit son environnement, planifie son trajet puis infère le trajet en fonction des informations des capteurs. Il y a donc trois sous-composantes : la perception, la planification et le contrôle. Il est alors possible d’entrevoir le rôle primordial que pourrait jouer la donnée, puisqu’elle semble être à l’origine la base d’apprentissage nécessaire à la prise de décision du véhicule autonome au sein de cette chaîne de traitement. Une question importe : comment se servir du machine learning dans ce cas ?

    La question du machine learning en conduite autonome

    Le machine learning, y compris sa variante récente deep learning, est un sous-domaine de l’intelligence artificielle. Il est possible de distinguer plusieurs types d’apprentissages adaptés à un secteur applicatif particulier. Dans le transport autonome, on se concentre sur l’apprentissage supervisé et celui par renforcement, mais ces deux derniers ne se basent pas du tout sur le même paradigme théorique.

    En apprentissage supervisé, la donnée est prépondérante. Cette dernière est labélisée (chaque donnée possède une description), et le système apprend simplement à relier un ensemble de caractéristiques observées à un label. Si nous cherchons à reconnaître quel fruit se trouve sur une image, chaque donnée pourrait décrire la circonférence et la couleur du fruit, et on connaîtrait déjà la typologie de chacune de ces entrées.

    Le système pourrait ensuite être capable de conclure la nature du fruit à chaque nouveau duo de circonférence et de couleur qu’on lui donnerait. L’explosion du deep learning a d’ailleurs rendu ces tâches beaucoup plus simples qu’auparavant et les réseaux de neurones sont maintenant au cœur des méthodes utilisées. Dans le cas des voitures autonomes, la perception identifierait un panneau de signalisation et des données sur la vitesse par exemple et prendrait une décision sur l’accéleration à appliquer ou sur le fait de freiner, en fonction de cette information.

    Workflow de perception et de prises de décision à travers les données capteurs

     

    Bien que de nombreux modèles apparaissent et sont fonctionnels, nous restons dépendants de la donnée. De grandes quantités de ces dernières sont nécessaires pour obtenir une représentativité suffisante des situations. Sans données variées, la voiture pourrait faire face à une situation qu’elle n’a jamais rencontrée . Il serait donc intéressant de pouvoir jouer sur les données différemment pour se rapprocher de l’intelligence humaine, pour aller au-delà de cet apprentissage par l’association. Mais comment faire ?

    Un paradigme différent face aux données

    L’apprentissage par renforcement pourrait être considéré comme un modèle de théorie des jeux, à la croisée de nombreux domaines allant de l’informatique aux neurosciences en passant par la psychologie. En effet, un agent agit sur un environnement au moyen d’actions. Ce dernier lui renvoie une récompense, qui est la première clé du renforcement. Nous déduisons de la connaissance à partir des observations passées et nous souhaitons maximiser la récompense à travers le temps. La donnée n’est plus le socle, mais constitue une interaction avec l’agent en décrivant l’environnement après une action ! Les équations de Bellman permettent alors de formaliser la prise décision et la maximisation de la récompense.

    Principe de l’apprentissage par renforcement

    Comment savoir si une action fut le meilleur choix ? C’est le principe d’exploration/exploitation qui constitue la seconde clé du renforcement. Imaginons que notre environnement soit constitué de deux portes qui se trouvent face à nous. La première nous offrirait une petite somme constante à chaque fois qu’on l’ouvrirait, tandis que la seconde nous offrirait un immense trésor mais seulement à de très rares ouvertures de cette dernière. Il nous faudrait alors trouver le bon équilibre. L’agent risquerait de considérer la première porte comme étant la plus intéressante, mais la seconde mériterait de ne pas complètement être délaissée : l’exploration de ce que nous ne connaissons pas, face à l’exploitation des éléments connus de l’environnement.

    Le renforcement utilise des modèles tels que les réseaux de neurones, plus connus pour leur utilisation dans l’apprentissage supervisé, pour des problèmes où l’apprentissage se fait avec des données pour lesquelles on ne connaît pas réellement la réponse attendue au premier abord. En effet, le principe d’exploration/exploitation énoncé plus haut implique une modification constante des entrées et des actions possibles, ce qui va à l’encontre des modèles supervisés qui ont ce besoin en données labélisées. Par l’utilisation de plusieurs astuces, on se retrouve pour certaines méthodes dans une situation similaire au supervisé et les réseaux de neurones sont alors en mesure d’être utilisés de manière stable. Ces derniers ont une finalité différente de ce que l’on peut rencontrer habituellement. Il faut donc relier le modèle, l’algorithme en somme, et la formulation du problème dans lequel on se trouve.

    Liens entre modèles et formulation d’un problème

    Si l’on revient à notre cas d’usage, l’environnement serait donc la route autour de notre véhicule, ce dernier prenant des actions dans cet environnement qui lui renvoie des récompenses selon les actions prises. Il s’agit donc d’un apprentissage par l’erreur, comme si le modèle raisonnait pour éviter de prendre de mauvaises décisions au fil du temps. Le nombre de portes devient cependant gigantesque, et plusieurs problèmes, déjà énoncés pour certains, apparaissent :

    • l’apprentissage est souvent complexe, le modèle met du temps à se stabiliser,
    • l’espace des actions et résultats possibles est énorme dans le cas des voitures autonomes,
    • les entrées et sorties dont le système se sert pour apprendre changent constamment, puisque l’environnement est dynamique.

    On entraîne le plus souvent les systèmes de renforcement dans des simulateurs réalistes pour veiller à étudier leurs comportements avant d’imaginer pouvoir les mettre en production pour le monde réel, compte tenu des problèmes énoncés. Après la perception et la représentation des données qui en découle, la prise de décision en renforcement pourrait aller plus loin que celle étudiée via les méthodes supervisées : l’intelligence artificielle capable de raisonner, la clé pour que les voitures autonomes soient définitivement une réalité et se rapprochent du raisonnement humain, capable de moduler ses décisions en fonction de l’environnement qui l’entoure.

     

    Entre extraction de connaissances et raisonnement, combiner le meilleur des différents mondes pourrait donc permettre à l’être humain de voir sa vison du transport révolutionnée. Comme un pas de plus vers l’intelligence artificielle généralisée, les voitures autonomes sont au cœur des préoccupations puisque la technique rencontre ici un système critique, qui nécessite une mise en relation directe de son efficacité avec les biais humains qu’elles se doivent d’outrepasser.
    Il reste encore de nombreuses travaux à effectuer, la recherche et l’industrie s’intéressant de plus en plus au renforcement comme l’avenir du domaine, et potentiellement sa sécurisation, enjeu majeur du déploiement de ces technologies.

  • Challenges of the Autonomous Train

    Challenges of the Autonomous Train

    Artificial Intelligence is becoming ubiquitous in today’s world. One of the most impacted sectors, a major field of study at IRT SystemX, is Autonomous Transportation. While autonomous cars have garnered the most media attention, trains have recently joined the race towards autonomy. In this blogpost, we present the challenges that the rail industry must defeat in order to make driverless trains a reality.

    Take a look at the timeline of fundamentally important discoveries and inventions which have changed the course of history. It is straightforward to pinpoint the most disruptive ones. As the consensus would have it, the top of the list features, in chronological order, fire, the wheel, and electricity.

    Merely a century and a half after the invention of the light bulb, our world is witnessing a new revolution through the medium of technology. Forget science fiction. According to Andrew Ng, one of the world’s leading figures in Artificial Intelligence (AI) development, « AI is the new electricity ». Just as 100 years ago electricity transformed industry after industry, AI’s impact on our daily life grows by the second and is becoming preponderant. A recent report by PwC estimates that AI will add $15 trillion to the world economy by 2030.

    AI’s Projected Impact on Global GDP

    One of the most impacted sectors, a major field of study at IRT SystemX, is Autonomous Transportation. The multiplicity of projects involving autonomous vehicles around the world attest to the fact that there is a marked tendency towards automating our daily tasks and making our lives easier thanks to intelligent technology. Therefore, it is of no surprise to read that the autonomous car industry is set to be worth $6.2 trillion euros in 2050.

    Cars are far from being the only vehicle of interest in the quest towards automation: trains have recently joined the race. According to the Transparency Market Research, the market for autonomous trains will grow at a CAGR[1] of 12.70% by 2025. Even though trains are behind time in terms of vehicular automation, there is a crude sense of excitement when learning about the initiatives being spearheaded at national and international levels:

    • The German Railways (Deutsche Bahn) is planning to make a portion of its network fully autonomous by 2023.
    • The Swiss Federal Railways (SBB) and the Südostbahn AG (SOB) have already tested automation technologies without passengers.
    • East Japan Railway is confident of successfully running driverless trains in the future.
    • Australia’s ruling safety board recently approved an autonomous system for trains.
    • Last, but not least, France’s national railway company SNCF expects to see semi-autonomous trains running on the French rail network by 2020 and fully automatic trains within five years, following the establishment of two consortia of suppliers and research institutes to develop and implement the technology.

    As it happens, SNCF, along with Alstom, Systra and Université de Technologie de Compiègne (UTC), has partnered with IRT SystemX on the TAS project (Safe Autonomous Land Transport) in order to provide a proof of concept for the replication of a train driver’s observational capabilities. The project, launched in April 2017 for a two-year period, focuses on recognizing the state of railway traffic lights, and detecting obstacles on the railway. Note that the content of this article does not reflect the results of the project.

    SNCF Train

    According to the International Association of Public Transport, there are four Grades of Automation (GoA) of trains:

    1. GoA1: The first grade is manual train operation, where the train driver controls starting and stopping, operation of doors and handling of emergencies or sudden diversions.
    2. GoA2: The second handles operations like changing tracks, starting, and stopping.
    3. GoA3: The third grade is driverless train operation where there are no drivers, but an attendant is onboard in order to take control in case of an emergency.
    4. GoA4: Finally, the fourth grade corresponds to unattended train operation, which is true automation without any staff on board.
    Trains’ Grades of Automation (GoA)

    In order to achieve full autonomy, trains will be equipped with advanced (and/or intelligent) cameras, high-precision sensors, and state-of-the-art positioning systems. These components may feature AI technology and Machine Learning capabilities that should comply with safety requirements.

    Readers of this blog who are well versed in autonomous cars, may think that the presence of railways renders the challenge easier. Not so quick! Multiple factors make the train a unique problem, which cannot be solved by a simple transposition of the solutions found for other types of vehicles. Here are some illustrative examples:

    • One of the main difficulties lies in the complex interaction of the various subsystems when the train is running: monitoring the status of the railway track, the position of other trains and the physical integrity of the train, and determining the space required to brake safely. If any subsystem cannot judge the situation accurately, it will perform defensively by slowing or stopping, which hinders transport performance.
    • The variability of use cases in the rail industry is much more important than for cars:
      • Railway signalling in France

        Railway signalling is diverse and features multiple types of signals and state combinations. For example, a signalling device of type ‘H’ is configured to show up-to 18 different states, using eight light bulbs.

      • There exists a plethora of train types with matching infrastructure. Thus, an autonomous system that applies to one type of trains may not necessarily generalize to another. While there is a will for unification, overhauling a country’s entire rail infrastructure is a daunting long-term project that comes at high cost.
    • The stopping distance of a train is function of its body weight, cargo, and speed: a 10-car passenger train moving at 100 km/h requires about 500 meters to come to a halt. Therefore, it is imperative to detect obstacles and recognize the state of traffic lights well in advance before making a calculated stop.
    • A special emphasis is given on passenger safety and system dependability. Without proof of the computer system’s reliability, security, and robustness, autonomous trains cannot be certified, let alone commercialized.
    • Testing the system in situ requires access to railway infrastructure, which is not as trivial a matter compared to regular roads.

    These bottlenecks may be holding GoA4 trains back today, but there is no doubt that we are on the brink of a breakthrough that will revolutionize public transportation as we know it. Both freight and passenger trains will benefit from full autonomy: driverless operations increase system availability, network capacity and operational efficiency.

    One thing is certain: it is but a matter of time before we reach industrial maturity in this area. Indeed, autonomous trains are expected to mark the beginning of the third “rail revolution”, after electric traction and high-speed rail. Moreover, they will cement AI’s reputation for being the biggest disruption of the modern era.

     

    [1] Compound Annual Growth Rate